L'orientation avec la clientèle émergente

dimanche 2 février 2014

Comment travailler avec les images, les mots et les séquences

Dans mon précédent billet, je vous ai décrit sommairement les dernières connaissances en neurologie sur la physiologie du cerveau des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Généralement, les personnes TSA perçoivent le monde par des images, des mots ou des séquences, ou un mélange de deux catégories. Comment savoir où se situe votre client ?

Tout d’abord, ces catégories font référence au type de détails auxquels la personne s’attarde. Vous pouvez demander à votre client quelles sont les informations qu’il apprend le plus facilement. Sont-elles des choses qu’il voit, qu’il entend ou les liens et l’ordre des éléments qu’il observe (des séquences) ?

Ce type de fonctionnement caractérise aussi la mémoire. Est-ce que votre client a une mémoire photographique et peut reproduire facilement en dessin une image qu’il a vue ? Lorsqu’on lui demande de se souvenir d’un événement, est-ce une image qui lui vient rapidement à l’esprit ? Si oui, il est du type « images ». Peut-il mémoriser des quantités incroyables de faits ? Des dates, des chiffres, des connaissances encyclopédiques ? Si oui, il est du type « mots ». Peut-il comprendre instinctivement une formule mathématique, un principe de physique ou la programmation informatique ? Peut-il reproduire une mélodie qu’il a entendue au piano ? Il a sûrement une pensée séquentielle.

Ces informations sont cruciales, car elles nous parlent d’un fonctionnement spontané et naturel de la personne. Dans sont livre The Autistic Brain, Temple Grandin nomme des professions généralement adéquates pour chaque type de penseur (pages 204-206).

Ensuite, les activités d’exploration professionnelle varieront en fonction du mode de pensée. Avec les penseurs séquentiels, je leur suggère de dessiner un schéma composé de leurs sujets d’intérêts (la théorie de la relativité, la biochimie du cerveau, etc.) en associant une couleur à chaque intérêt. De votre point de vue, cela semble peut-être abstrait, mais mon étudiant a tout de suite compris ce que je voulais dire.  On peut aussi utiliser l’exercice de l’équation mathématique décrite dans mon billet du 1er mars 2013. Avec les types « mots », je leur fais énumérer et écrire leurs intérêts, répulsions, des forces et des limites, sous forme de liste. Avec les types « images », je leur fais dessiner leurs intérêts et à partir de leurs dessins, nous explorons le monde des professions.

Je reconnais que de travailler ainsi requiert à la fois de la créativité, de la patience et un peu d’humilité, car il y a beaucoup d’essais et d’erreurs dans mes choix d’activités. Toutefois, ça vaut le coup, car jusqu’à maintenant, ça a toujours fonctionné. Et le lien de confiance en est tellement bonifié, car mes étudiants sentent, qu’enfin, un neurotypique tente de les rejoindre dans leur mode de pensée.

Si vous avez des commentaires, idées ou questions, partagez-les ! Il me fera plaisir d’échanger avec vous !

Émilie Robert. C.o.