L'orientation avec la clientèle émergente

dimanche 24 novembre 2013

Devrait-on divulguer son diagnostic ?

Lorsqu’on est en fauteuil roulant ou qu’on a un chien-guide, la question du diagnostic ne se pose pas tellement. Bien que l’entourage ne connaisse pas le nom scientifique du trouble de la personne, il fait consensus que cette personne a des besoins différents des autres. Mais dans les cas de troubles neurologique, d’apprentissage ou de santé mentale, autrement dit, les troubles invisibles, c’est pas mal moins évident.

Si je me fie à mon expérience avec ma clientèle, divulguer son diagnostic à ses professeurs, collègues et voire même patrons, offre plus d’avantages que d’inconvénients. J’admets qu’il y a quelques exceptions, comme les cas de santé mentale pour lesquels il y a encore beaucoup de stigmatisation. La schizophrénie fait peur. La bipolarité, bien que de plus en plus médiatisée, inquiète.

Quant aux troubles du spectre de l’autisme (TSA), je crois que de connaître et ensuite divulguer son diagnostic aide la personne plus que de lui nuire. Non seulement je l’observe chez mes étudiants, mais je l’ai lu dans la biographie de dizaines de personnes Asperger (Grandin, T. (2012). Different… Not Less, Future Horizons Inc.).

Il faut dire que les TSA ne sont pas si invisibles que ça. Les professeurs, amis et entourage constatent un comportement visiblement différent, mais qui peut être confondu avec de la paresse, de la mauvaise volonté ou de l’hyperactivité.

Tout est dans la manière qu’on va expliquer à l’autre le diagnostic. À titre d’exemple, voici comment mes collègues et moi s’adressons à des professeurs, avec le consentement écrit de l’étudiant, pour parler d’un diagnostic de TSA. Nous expliquons que l’étudiant a un profil d’habiletés inhabituel. Ensuite, nous décrivons ses forces et ses talents particuliers. Ensuite, nous expliquons quelles sont les situations qui rendent notre étudiant plus vulnérable et comment peuvent se manifester le stress, la fatigue ou l’anxiété. De cette façon, le message reçu par le professeur est : « Voici une personne comme vous et moi, qui a ses particularités comme vous et moi, mais qui sont très différentes de vous et moi. »  Je crains qu’auparavant, le message qu’on envoyait aux professeurs était : « Vous aurez un extra-terrestre votre classe, voici comment l’aider à être plus normal. »  Bien entendu, nous aidons l’étudiant à trouver des formulations pour présenter positivement son diagnostic. Nous travaillons à ce qu’il intègre cette façon de communiquer.

Les gens des communications et de la politique ne nous le diront jamais assez : Tout est dans le message !
En espérant que ce billet suscite la réflexion…
À bientôt !

Émilie Robert, c.o.

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